Ayant appris qu’en France, sous le soleil de Nice, un labo du CNRS, de l’Inserm et de l’université Côté D’Azur, a fait une découverte sur le mécanisme derrière le caractère héréditaire de la migraine, j’écris au directeur du labo pour lui présenter notre projet Apo et lui demander une rencontre. Le Docteur Sandoz me répond dans l’heure et m’accueille le lendemain au labo.

Rencontre entre 2 mondes autour de la migraine: la recherche fondamentale d’un côté, et le quotidien d’une migraineuse en recherche de réponses et de solutions. 2h d’échanges passionnants, je ressors impressionnée par le travail de ces chercheurs (une équipe pluridisciplinaire de 7 personnes, physiciens, biologiste, chimiste, docteur en neuroscience…) et enchantée, parce que les choses bougent et des pistes s’ouvrent pour de potentiels futurs traitements, et c’est toujours bon à prendre pour le moral.

Le Docteur Sandoz a fait un vrai travail de vulgarisation pour rendre sa découverte accessible. En voici les grandes lignes.

Le caractère héréditaire de la migraine était déjà connu, mais c’est son mécanisme qui a été mis en lumière par le labo.

Les crises de migraine sont liées à l’hyperexcitabilité électrique de certains neurones.

L’activité de ces neurones est dictée par les canaux ioniques, micro-générateurs de courant, et notamment par le canal TRESK qui a une fonction inhibitrice sur l’activité électrique.

Une mutation du gène codant pour ce canal TRESK entraîne sa scission en 2 ce qui induit la formation d’une moitié inactive et une moitié toxique. En détruisant l’activité d’autre canaux ioniques ( TREK 1 et TREK 2), ce demi-TRESK stimule l’activité électrique menant à l’hyperexcitabilité des neurones, et donc ce qui ne devrait pas générer d’information douloureuse le devient et la crise migraineuse apparaît.

Les porteurs de cette mutation, sont porteurs de la migraine, en quelque sorte.

Migraine_tresk_mutation

2 types de médicaments sont envisageables: ceux qui visent les récepteurs de l’information douloureuse (comme certains traitements qui visent le recepteur CGRP (calcitonin gene-related peptide) qui sortent en ce moment) et ceux qui visent les canaux ioniques. C’est cette deuxième piste qui pourrait poursuivre le travail du labo du Docteur Sandoz, et pourrait mener à des traitements d’un nouveau genre pour la migraine. Quant au labo, il repart sur de la recherche fondamentale pour savoir si d’autres maladies peuvent être touchées par ce même type de mutations géniques.

On espère que cette découverte sera suivie d’avancées en terme de traitement, et on souhaite au laboratoire du Docteur Sandoz beaucoup de succès dans la poursuite de leur recherche sur cette mutation du canal TRESK.